Indemnités maladie pour les praticiens libéraux

      L’article 34 quater de la loi de financement de la sécurité sociale qui a été votée récemment octroie dès le 7è jour des indemnités de maladie aux professionnels libéraux ; jusqu’à maintenant, la CARCDSF versait une indemnité à partir du 91è jour d’arrêt.

 

      Aussitôt, des voix se sont élevées, pour saluer l’avancée sociale. Au théâtre, on appelle « La Claque » cet ensemble de spectateurs qui ne paie pas de billet, et qui applaudit au commandement.

 

L’écho recueilli auprès des intéressés est moins positif.

 

     Examinons les choses : les chirurgiens-dentistes ne sont pas adeptes de la bobologie, et ne s’arrêtent pas pour un rien. Donc, l’indemnisation sera peu fréquente.

 

     Examinons de plus près : il y a 3 cas :

  1. le dentiste s’arrête 2 ou 3 jours (grippe par exemple) ; l’assistante viens au cabinet, décale les rendez-vous, oriente les urgences vers un confrère, s’occupe entre deux des tâches qu’elle ne peut pas faire commodément en temps normal (inventaire, rangement…). A sa rentrée, le dentiste rattrapera le temps perdu.

  2. Le dentiste s’arrête une quinzaine (par exemple, fracture ou foulure bénigne) ; l’assistante, comme dans le cas précédent, organise l’absence du praticien. Il serait utile d’engager un remplaçant, car la continuité des soins est en jeu, mais pour cette courte durée, on ne trouve personne.

  3. L’arrêt est de plus longue durée, le remplacement s’impose, aussi bien pour la continuité des soins que pour la pérennité du cabinet.

     Lorsque le praticien s’arrête, les frais fixes du cabinet courent toujours, l’assistante qui continue à travailler, doit être payée. Lorsqu’on peut engager un remplaçant, ces frais sont couverts par son activité, le bénéfice du cabinet est partagé entre le revenu du remplaçant, en juste rétribution de son travail, et celui du titulaire. La question d’une indemnité d’arrêt maladie ne se pose donc pas.

 

     Lorsqu’il n’est pas possible de prendre un remplaçant, le dentiste n’a plus de revenu, et en plus, doit assumer les frais fixes du cabinet ; face à leur montant, que représente une aumône de 57€ par jour ?

 

     Nous venons de voir que des indemnités maladies, que ce soit le régime actuel (91è jour) ou le nouveau régime ne répondent pas à un besoin des chirurgiens dentiste. Alors, est-ce un truc pour imposer une cotisation supplémentaire ?

 

 

Novembre 2020.

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Loi de finances de la Sécurité sociale pour 2021, article 34 quater
Loi encadrant les nouvelles indemnité d'arrêt maladies à partir de 2021. Des décrets d'application sont prévus, notamment pour le montant de la cotisation nouvelle.
PLFSS article 34 quater.pdf
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