Rentrée

      Peut-être nous rappelons nous l’école primaire, l’angoisse des derniers jours de vacances à l’approche de la rentrée des classes ; oh miracles, à peine la grille d’entrée franchie, nous retrouvions les copines et les copains, et l’angoisse s’évaporait !

 

      L’âge venant, à la reprise du travail, nous retrouvons les soucis en même temps que notre équipe de cabinet.

 

      Cette rentré nous amène deux faits notables.

 

      Tout d’abord, la réforme des retraites. Evidemment, cela ne peut pas continuer comme cela, le monde change, il serait étonnant que des règles établies il y a plus de 70 ans n’aient pas besoin d’être adaptées. Soyons francs, avez-vous rencontré un confrère en activité satisfait des cotisations qu’il paie ? Avez-vous rencontré un confrère retraité satisfait des pensions qu’il reçoit ? Ce qui nous inquiète, c’est le devenir de la cagnotte destinée à compenser les années creuses due à un numerus clausus excessif. Cette partie a été financée par une cotisation obligatoire, et nous souhaitons qu’elle continue à nous assurer une retraite décente.

 

      Ensuite, la recrudescence des contrôles d’activité. Imaginons que vous soyez ce confrère qui ouvre son cabinet le samedi, jours où les cabinets alentour sont clos. Naturellement, vous recevez les urgences. Jusqu’ici rien de mal, au contraire.

 

      Vous voyez des abcès avancés, rien d’étonnant, les patients affligés de cette pathologie ont d’abord pensé que ça s’arrangerait, puis, que leur dentiste règlerait le problème ; mais comme ce dernier ne pouvait pas les recevoir, ils ont dû se tourner vers un dentiste disponible : vous !

 

     Bref, quand vous les recevez, l’abcès n’est plus débutant : inutile d’envisager un traitement de première intention, il faut d’emblée utiliser des thérapeutique lourdes. Et comme vous êtes ouvert le samedi, c’est sur vous que ça tombe. L’urgence réglée, les patients qui avaient déjà un dentiste sont retournés le consulter.

 

     Certains s’arrêtent là, c’est difficile à comprendre, mais c’est leur droit le plus strict.

 

      Bref, vous recevez un jour un recommandé AR, qui vous reproche, concrètement :

  •          d’avoir fait trop de HBJB001 (Évacuation d’abcès parodontal),
  •        trop de prescriptions d’associations d’antibiotique,
  •            … et trop de soins sans suites.

 

Et le tout à 100 ou 150 exemplaires.

 

    Ça va vite : prenez 2 urgences par semaine, en deux-trois ans, vous y êtes.

 

     Et que personne n’accuse les confrères qui ferment le samedi, chacun a besoin de se reposer de son travail, et s’occuper de sa famille.

 

      D’autre part, le patient le mieux soigné de la terre n’est pas à l’abri d’un abcès.

 

     Lorsque le contrôle survient, vous devez vous défendre. Les éléments sont dans les dossiers cliniques de vos patients.

·         Renseignez soigneusement les urgences, la chronologie de la pathologie (date de début, date du rendez-vous), les gestes opératoires effectués (le jour même, ou plus tard), la raison de vos prescriptions, le nom des praticiens attitrés du patient (médecin(s), dentiste…).

·         Si le patient viens avec des radios, scannez-les, et archivez-les dans le dossier, avec les mentions utiles par exemple radio prise tel jour, par tel praticien, apportée par le patient).

·         Rédigez une lettre pour le confrère qui soignera le patient, avec votre diagnostic, votre traitement, votre prescription… . Si le patient vous a demandé ce qu’il faudrait faire ensuite, ajoutez sur la lettre que vous lui avez conseillé tel traitement.  Il appartient au praticien traitant du patient de répondre à cette lettre, (par exemple : je vous remercie cher confrère d’avoir reçu mon patient M Untel en urgence. L’évolution a été … . Comme traitement de fond, j’ai fait … . Veuillez accepter…). Et archivez cette lettre.

 

Pour la retraite, une action s’impose, ou alors il nous faudra nous contenter de subir.

Pour les contrôles d’activité, comme d’habitude, votre défense se trouve dans vos dossiers patients.

 

 

      Bonne rentrée, et bon courage.