Tourisme sanitaire : on n’arrête pas le progrès !

        Vous connaissez tous le tourisme sanitaire : le patient s’adresse à un praticien exerçant à l’étranger, dans un de ces beaux pays où les charges sociales et fiscales sont raisonnables. Il faut reconnaitre que, selon ce critère, le patient a l’embarras du choix en ce qui concerne le pays de destination.


        Nous sommes convaincus qu’il existe partout dans le monde, y compris en Hongrie et en France, des confrères talentueux. Nous sommes même persuadés qu’à égalité de moyens, ces derniers parviendront aux mêmes excellents résultats.


        Le patient y trouve son intérêt financier quand le différentiel d’honoraires dû à l’inégalité des charges dépasse le surcoût dû à son voyage, puisque nous n’envisageons pas un seul instant qu’il choisisse un confrère moins cher car travaillant moins bien !


       Il y a cependant un petit inconvénient au tourisme sanitaire : de retour chez lui, le patient n’a plus son praticien à disposition en cas de problème, autrement dit, le suivi des soins laisse à désirer !


        C’est pourquoi l’annonce parue dans Dentoscope, numéro 92 du 6 février dernier, émanant d’un « groupe médical européen » et  offrant un emploi à un confrère et à une assistante a attiré notre attention. Ce confrère dont « l’intérêt pour l’implantologie » sera apprécié, « sera basé au sein du cabinet parisien du groupe ». Il effectuera « les travaux de préparation des interventions et le suivi postopératoire ». Cette annonce est domiciliée à Budapest.


        Comme le précise l’annonce, il effectuera « les travaux de préparation des interventions »,  je suppose qu’il s’agit par exemple de l’assainissement parodontal,  « et le suivi postopératoire »,  dépôt des sutures, radios de contrôle,  le cas échéant revissage des vis implantaires ou applications de Flagyl* sur une surface implantaire découverte …


       Un implantologue à Budapest et un chirurgien-dentiste à Paris qui s’occupe de ces soins qui prennent tant de temps : voilà de quoi rassurer les candidats au voyage !


        Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais il y a cependant un point qui m’échappe : si on ne délocalise pas les actes les plus chronophages, c'est-à-dire ceux qui sont le plus surtaxés en France,  que reste-t-il de l’intérêt financier du tourisme sanitaire ?
 
Cédric Thorin
Trésorier