Bridge et ccam

La nouvelle CCAM a réformé la codification des bridges, c’est-à-dire que ce qui était déjà inutilement compliqué sans apporter de solution, administrativement s’entend, à tous les cas, devient encore plus compliqué sans apporter davantage de solutions.

 

 

              La nouvelle convention vous impose, dès maintenant ou à relativement court terme, de proposer en alternative aux traitements prothétiques que vous présentiez habituellement à vos patients, des traitements  reste-à-charge zéro, ou à la rigueur reste-à-charge modéré. Une précaution oratoire existe dans le texte de loi, vous ne devez le faire que lorsque c’est raisonnable techniquement.

Déontologiquement, cela pose un problème :

Article R4127‐238

Le chirurgien‐dentiste est libre de ses prescriptions, qui seront celles qu'il estime les plus appropriées en la circonstance. Il doit limiter ses prescriptions et ses actes à ce qui est nécessaire à la qualité et à l'efficacité des soins.

 

            Vous avez fait un devis, selon votre habitude, « en vous limitant à ce qui est nécessaire à la qualité et à l’efficacité… ». Devinette : si vous faites moins cher, qu’en sera-t-il de la qualité et de l’efficacité ?

 

 

Je laisse la réponse à votre perspicacité…

BRIDGES SUR IMPLANTS: lE CODE EST EL MÊME QUE S'IL S'AGISSAIT  D'UN BRIDGE DENTOPORTE, mais il est NPC. A quel panier (RAC0, RAC modéré, normal) se rapporte-t-il? Mystère.


              Concrètement, lorsque vous faites un devis normal, vous devez le doubler par un devis Low-Cost. La première pensée qui vient à l’esprit est que beaucoup de vos patients ne sont pas intéressés par des thérapeutiques low-cost et négligeront ce second devis. En cas de contrôle d’activité, s’ils sont convoqués, ils ne se souviendront pas de ce second papier, et déclareront qu’ils ne l’ont pas reçu. A vous de l’archiver dans le dossier, je ne dis pas contre émargement, j’espère que nous n’en arriverons pas là.

 

        Le devis normal posant quelques problèmes, voyons d'abord le devis low-cost, puisque vous êtes tenu de le proposer au patient:

 

   Codes CCAM RAC0 :

 

HBLD785 : bridge CCAM 3 éléments, sur alliage non précieux, remplaçant une incisive.

HBLD033 : bridge métallique non précieux, 3 éléments.

Ces deux bridges sont plafonnés.

 

   CCCAM RAC modéré :

HBLD040 : bridge 3 éléments dont 1 CCM sur alliage non précieux.

HBLD043 : bridge 3 éléments, dont 2 CCM, sur alliage non précieux.

Ces deux bridges ne sont pas encore plafonnés.

 

 

A noter que l’absence d’une canine ne permet pas de faire un bridge CCM RAC0. Certes, le remplacement par bridge posera un problème technique : si la latérale n’est pas apte à servir de pilier, ce qui est fréquent sinon courant, on devra faire un bridge 4 éléments s’appuyant sur le 2 incisives, faute de quoi le bridge ne sera pas pérenne, par défaillance de la latérale. Mais cette considération clinique de devrait pas empêcher, administrativement, de proposer quelque chose, surtout lorsqu'il s'agit d'une obligation légale. Certes, problème de latérale mis à part, la seule solution rac0 pour le remplacement d'une canine est le bridge métallique HBLD033. Esthétiquement, à moins de vouloir jouer le rôle du méchant dans James Bond... .

 

          Les extensions de bridge, piliers comme inter, sont à honoraires libres. La présence d’extension (bridge 4 éléments ou plus) fait-elle perdre le caractère RAC0 au bridge de base ? Ce n’est pas précisé, il ne semble pas que ce détail soit apparu au législateur.

 

 

       A noter également qu’en admettant qu’il manque 2 incisives, un bridge monobloc ne sera pas RAC0, au moins pour les éléments ajoutés. Pour rester dans le cadre du rac0, il faut que les deux latérales soient absentes, et faire 2 pièces prothétiques indépendantes.


Voilà pour les devis low-cost. Passons maintenant aux devis normaux.

 

          Ayons une pensée émue pour les marchands d’or qui devront faire face à l’augmentation de la demande.  Votre patient a perdu une dent antérieure,  une solution prothétique sur non-précieux est envisageable, raisonnable même, mais les honoraires dépassent le plafond réglementaire : vous serez tenu de fixer vos honoraires au-delà de ce qui est nécessaire puisque vous devrez ajouter à ces honoraires le prix  du métal précieux (ou non précieux), même si rien ne justifie cliniquement l'usage d'alliage spéciaux.

 

   Code CCAM applicable:

HBLD178 bridge 3 éléments CCM ou massif en alliage précieux ou semi-précieux. 

Ce bridge est en entente directe libre.

HBLD425 Bridge 3 éléments tout céramique

Ce bridge est en entente directe libre. 

 

Pour les dents postérieures :

 

     La situation est plus claire: vous avez le choix entre un bridge métallique non précieux, plafonné (HBLD033)  et un bridge CCM non précieux non plafonné (HBLD227). Rien ne vous empêche d'utiliser du précieux ou du semi-précieux (HBLD178), s'il y a une indication thérapeutique à leur usage, sans qu'il y ait conflit d’intérêt entre l'obligation réglementaire et l'indication thérapeutique.

           Vous pouvez aussi faire du tout-céramique (HBLD425).


Les éléments supplémentaires (piliers et inters)

 

       Les mêmes codes sont applicables quelques soit le bridge de base, quelque soit le matériau, quelque soit les dents concernées. Ces codes n'ont pas été modifiés à l'occasion de la nouvelle convention. 

        A noter cependant la création deux codes pour l'adjonction d'éléments en extension à un bridge de base.

 

       De même, il y a 10 codes pour des bridges collés, ou en extension. Il n'est fait mention nulle part des bridges sur inlays-onlays : sont-ils considérés comme bridge collés, le praticien ayant le libre choix du traitement, ou sont-ils encore NPC, puisque la V56.10 précise: que les ancrages partiels ne sont pas pris en charge. Pourtant, les ancrages collés sont partiels, ce qui devrait devrait, en toute logique, les rendre NPC.

          Attention avec les extensions, il y a certes des limites thérapeutiques à leur indication thérapeutique, mais il y a aussi des limites administratives, ces deux limites ne se recoupent pas exactement.


          Comme précédemment, la prise en charge du bridge de base est subordonnée à la nécessité de couronner une des dents pilier, la pris en charge des piliers supplémentaires est subordonnées à la même nécessité.

         Et les bridges étant des actes soumis à condition, vous devrez cocher d'un X la case ad hoc des feuilles papier, ou indiquer à votre logiciel que la condition est remplie.


        Ces imprécision, ambiguïtés ... Ne facilitent pas le travail des programmeurs de logiciels métier. Il semble même que certains confrères aient des soucis informatiques de ce côté. Ils peuvent certes faire une feuille de soins papier, mais ils auront dû faire auparavant un devis selon les mêmes codes ; et ce devis les engage.

        Souhaitons que les éditeurs de logiciels résolvent vite ce problème.

Juillet 2019