LAISSES POUR COMPTE

     Nous pouvons remercier les pouvoirs publics, qui se démènent pour éviter qu’une catastrophe économique suive la catastrophe sanitaire.

 

     Ils ont créé un fond de solidarité pour venir en aide aux TPE. Ne remercions pas trop vite l’Etat, des contributeurs privés abondent à ce fond, dont la Médicale de France.  Nous remercions au passage la Médicale.

 

Mais qu’en tirerons les chirurgiens-dentistes ?

 

     Pas grand-chose, pour autant qu’ils y aient droit !

 

Pour y avoir droit, il faut remplir trois conditions :

·         Le chiffre d’affaire doit être inférieur à 1 millions d’euros.

·       Déclarer un BNC inférieur à 60000 euros.

·       Soit être fermé administrativement, soit avoir perdu 70% de son chiffre d’affaire en mars

 

     Le premier critère élimine d’office les SELARL à partir de 3 associés.

 

     Le second élimine bien des confrères : pour le remplir, il faut soit avoir de gros emprunts à rembourser, soit travailler à mi-temps.

 

     Le dernier critère ouvre les voies à l’arbitraire administratif : certains centres des impôts considèrent que la fermeture des cabinets par l’Ordre est de nature administrative, d’autres non. Reste le critère du chiffre d’affaire de mars, mais il suffit d’avoir encaissé en mars les honoraires de soins exécutés les mois précédents, bref d’avoir fait des facilités de payement à des patients, pour être marron.

 

Et tout cela pour toucher 1500€. On va loin avec ça !

 

     Il y a aussi la possibilité de contracter un emprunt garanti par l’Etat. Depuis un certain emprunt russe, on sait ce que vaut la garantie de l’Etat. Mais enfin, passons, ceux qui contracteront n’ont pas le choix et de toute façon dans le cas présent c’est nous les emprunteurs (comme l’Etat Russe à l’époque) donc pas de stress. Ils toucheront jusqu’à 40000€, remboursables à partir de 2021, avec des échéances durant un à cinq ans. Cet emprunt, ce n’est pas le Père Noël qui le soldera, ce n’est pas un investissement productif qui l’amortira, il faudra le rembourser, et avec quelles rentrées, en période de RAC0 ? De plus, il est recommandé de vérifier avant de signer si le taux n’est pas variable avec un risque alors de le voir s’envoler si une inflation se produit.

 

Quant à la fermeture des cabinets, parlons-en !

 

     Ainsi, comme l’a déclaré le Président Fournier, le spray vaporisé par nos instruments nous fait travailler dans une ambiance hautement septique.  Corona est-tu là ?

 

     A ce petit jeu, le dentiste gagne à tous les coups, avec le bénéfice ajouté de contaminer les patients suivants.

 

     Nous savons gré au Président Fournier d’avoir fermé les cabinets, Personne d’autre n’en a eu l’idée. Sans lui, nous serions dans une belle m….

 

Bref,  les pouvoirs publics nous ont oubliés, ou alors ils proposent des mesures inadaptées….  .

 

Nous sommes les laissés pour compte !

 

    Comme nous ne pouvons compter que sur nous, et que nous avons le temps, c’est le moment de penser à nous.

 

     A notre avenir.

 

     Contrairement l’opinion commune, la reprise ne s’annonce pas mauvaise pour les dentistes. Les soins ont été interrompus durant le confinement, le besoin des patients s’est accru. Ceux qui laissaient traîner une petite carie auront fait une pulpite, il faudra reconstruire la dent ; ils sont nombreux, l’embouteillage des urgences le prouve. Le grignotage fait des ravages, l’inquiétude de l’UFBDS en fait foi.

 

     Bref, l’ouvrage ne manquera pas.

 

     Tout cela à condition de ne pas travailler à pertes : nous avons eu un creux de chiffre d’affaire, nous avons reporté des échéances qu’il faudra solder, nous ne pouvons pas nous le permettre.

 

     C’est le moment  de songer au prix de revient de nos interventions. C’est le moment de se poser les bonnes questions sur l’avenir de notre carrière comme dentiste. C’est peut-être le moment de songer à renoncer aux honoraires imposés pour  nous faire honorer en fonction du travail réellement effectué, bref, de sortir de la convention.

 

C’est le moment de renoncer au reste-à-charge zéro !

 

     Mais, direz-vous, avec quoi, en période de crise, les patients payeront-ils ?

 

 

      N’oublions pas que les patients confinés ont souvent gardé leur revenu, qu’ils n’ont pas pu dépenser, puisque tout est fermé ! Bref, ils peuvent faire face aux honoraires, tout du moins ceux qui veulent bien se faire soigner !  Pour les autres, les centres de soins seront ravis de les accueillir.

 

C’est le moment de renoncer au reste-à-charge zéro, car en janvier 2021, il concerne aussi la prothèse amovible.

 

 

Anticipez : C'est une opportunité à saisir pour sauver nos cabinets en sortant de la convention.

Avril 2020