Requiem pour le nécro.

Depuis quelques temps, la vente des pansements arsenicaux à usage dentaire a été interdite. Les confrères les utilisant doivent donc « vivre sur le stock » jusqu’à épuisement. Ensuite, ils devront vivre avec les « nécro » aux dérivés du formol, mais ces derniers sont moins efficaces, tout en n’étant pas moins critiquables d’un point de vue thérapeutique.

 

 

             Au fait, que reproche-t-on aux arsénieux ?

 

1.       Le risque d’accidents liés à son usage :

a.       La « fusée arsenicale », fuite de produit en direction du parodonte, a des suites graves, pouvant aller jusqu’à la nécrose du parodonte avec ses conséquences.

                                                               i.      Cet accident est dû au non-respect du protocole opératoire : il ne doit pas rester de tissus carié dans la cavité, et l’obturation provisoire recouvrant la pâte arsenicale doit être étanche.

b.      Les conséquences de l’action trop prolongée de ce moyen thérapeutique chez le patient qui manque le rendez-vous suivant la pose.

                                                               i.      Evitez les traitements compliqués chez les patients qui manquent de sérieux.

 

2.       Cette méthode thérapeutique n’est pas moderne !

a.       Ainsi en ont décidé les autorités. Qu’en pensent les tenants de l’evidence based ? D’ailleurs, en pensent-ils quelque chose ? Pour cela, il faudrait qu’il y ait des études, et à part un travail scientifique datant des années 1960 (André Marmasse, dentisterie opératoire, 4è et 5è édition), rien n’a été publié, ni pour, ni contre.

 

Bref, d’un point de vue pratique, on reproche une mauvaise utilisation de la part du dentiste ou du patient à ces produits. Bien entendu, un praticien ne doit pas utiliser une thérapeutique qu’il ne maîtrise pas, ni l’utiliser dans des circonstances hasardeuses ; le produit lui-même n’est en aucun cas en cause.

 

D’un point de vue théorique, les « bons esprits » critiquent le coté « tour de main » de l’utilisation de l’arsenic. Mais, comme aucune étude n’est à porter à son encontre comme en sa faveur, on se demande sur quelles bases scientifiques ils s’appuient pour imposer le retrait de cette méthode thérapeutique. Il est incompréhensible qu’une interdiction soit prononcée avec autant de légèreté !

 

 

D’ailleurs, ces mêmes « bons esprits » ont-ils été une seule fois confrontés à une bonne pulpite, réfractaire à toute anesthésie ? Nul ne doute qu’en ce cas, ils auraient accordé au malheureux patient le bénéfice du soulagement apporté par cette technique prétendument dépassée.

Dr Claire Bommier                                                                                                           Juillet 2016